L'importance de choisir la bonne IA

ChatGPT, Claude, Gemini, Grok, Mistral : l'une des questions que vous me posez le plus. Mon avis, structuré, pour en ressortir avec une réponse claire.

Ce numéro se lit, se regarde et se vit.

Pas envie de lire ? Voici la version vidéo : quelques minutes qui résument presque tout ce qui suit.

Ou vivez-le : une histoire de 2 minutes sur votre téléphone, où vos choix changent la suite.

Vous hésitez entre ChatGPT, Claude ou Gemini. Et si vous aviez déjà la bonne ?

Vivre l'article (2 min)

« Salim, tu utilises laquelle, toi ? »

Claude ? ChatGPT ? Gemini ? Grok ? Mistral ?

C'est l'une des questions que vous me posez le plus.

En réponse à ces mails, en message, en commentaire, en fin de réunion.

Et derrière, il y a presque toujours la même inquiétude.

Celle d'avoir choisi la mauvaise. Et de perdre son temps avec.

Alors j'ai voulu y consacrer un numéro entier.

Pour vous donner mon avis, de manière structurée, une bonne fois pour toutes.

Et j'espère qu'à la fin de votre lecture, vous aurez une réponse claire.

Je commence par la conclusion, parce qu'elle va vous soulager.

Pour la plupart d'entre nous, le choix de l'IA n'a presque pas d'importance.

Voici pourquoi. Et surtout, ce qui compte vraiment à la place.

Le kart et la Formule 1

Imaginez un pilote de Formule 1.

Vous le mettez au volant de deux voitures de course différentes.

Lui va sentir la différence.

Un dixième de seconde dans un virage. Une réaction du moteur. Un freinage un peu plus court.

C'est son métier. Il vit dans ces détails.

Maintenant, mettez-moi au volant des deux mêmes voitures.

Je ne sentirai rien du tout.

Pour moi, ce seront deux voitures incroyablement rapides. Point.

Par contre, faites-moi passer d'un kart de location à une Formule 1.

Là, je sens la différence. Tout de suite.

Où la différence se sent vraiment : entre un kart et une F1, tout le monde la sent ; entre deux F1, seul un pilote la sent

Avec l'IA, c'est exactement pareil.

Les ingénieurs qui testent ces modèles toute la journée sentent la différence entre deux IA de pointe.

Ils ont raison d'en parler. C'est leur métier.

Mais pour écrire un mail, préparer une réunion, résumer un rapport ou réfléchir à une décision ?

Les grands modèles d'aujourd'hui sont tous des Formule 1.

La seule différence que vous allez vraiment sentir, c'est celle entre un kart et une F1.

La seule règle : comparer des F1 entre elles

Il y a quand même un piège.

Et beaucoup de gens tombent dedans.

Chaque marque propose plusieurs niveaux.

Une version rapide et légère, souvent gratuite.

Et une version plus puissante, celle qui réfléchit plus longtemps avant de répondre.

Quand quelqu'un me dit « j'ai testé l'IA de telle marque, elle est nulle », je lui demande presque toujours quelle version il a utilisée.

Et très souvent, il a comparé le kart d'une marque avec la F1 d'une autre.

Comparez des F1 entre elles : la version avancée d'une marque face à la version avancée de l'autre, jamais le kart de l'un face à la F1 de l'autre

Donc si vous comparez, comparez des niveaux équivalents.

Le modèle le plus avancé de l'un face au modèle le plus avancé de l'autre.

Vous verrez que l'écart est faible.

Et qu'il change d'ailleurs presque tous les mois.

La course des IA : ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity et Copilot se dépassent tour à tour ; entre deux F1, l'écart est faible et change presque tous les mois (schéma illustratif)

Ce qui fait vraiment la différence : ce qu'il y a autour

Si je devais choisir entre deux IA aujourd'hui, je ne regarderais presque pas le niveau du modèle.

Je regarderais ce qu'il y a autour.

Parce qu'une IA, ce n'est plus seulement une fenêtre où l'on pose une question.

Les grands outils proposent maintenant des fonctionnalités qui changent complètement la façon de travailler.

Les projets. Vous y déposez vos documents, vos consignes, votre contexte, une seule fois. L'IA les garde en tête à chaque conversation.

Les espaces de travail. L'IA ne vous répond plus seulement par un texte. Elle construit devant vous un document, un tableau ou une petite application que vous pouvez modifier.

Les assistants. Vous les configurez une fois. Un pour relire vos offres, un autre pour préparer vos réunions.

L'automatisation. L'IA peut maintenant agir, enchaîner des étapes, travailler sur vos fichiers.

Ce qui fait la différence : autour du moteur (le modèle, presque pareil partout), les projets, les espaces, les assistants et l'automatisation

C'est là que l'écart se creuse vraiment entre les outils.

Bien plus sur ces fonctionnalités que sur l'intelligence du modèle lui-même.

Un mot sur Mistral

On me pose souvent la question.

Et je veux être honnête.

J'adore ce que représente Mistral.

Une entreprise européenne, ambitieuse, qui avance vite. Je souhaite vraiment qu'elle réussisse.

Mais aujourd'hui, à mon avis, l'écart est encore là.

Sur le niveau des modèles comme sur les fonctionnalités autour.

Pour reprendre ma métaphore, c'est plutôt une Formule 4.

Très bien pour écrire, reformuler, résumer.

Plus limitée dès qu'il s'agit de faire agir l'IA, d'enchaîner des tâches, de travailler sur vos fichiers.

Cela dit, si vous préférez Mistral, utilisez Mistral.

Une F4 bien pilotée, c'est déjà phénoménal à côté de quelqu'un qui ne sait pas utiliser l'IA.

Ou qui ne l'utilise pas du tout.

Les crampons et le jeu

Je joue au foot.

Si je veux devenir meilleur, j'ai deux options.

Je peux acheter de nouveaux crampons.

Ou je peux travailler ma technique, ma condition physique, ma lecture du jeu.

Les crampons, ça aide un peu.

Le reste, ça change tout.

Les crampons et le jeu : changer d'IA, un petit progrès ; savoir s'en servir, tout change

Choisir une IA, ce sont les crampons. Savoir s'en servir, c'est le jeu.

C'est d'ailleurs pour ça que, dans cette newsletter, je ne compare presque jamais les marques.

Et que je ne vous présente pas chaque semaine le nouvel outil à la mode.

Mon pari, c'est que vous n'avez pas besoin de payer mille outils.

Vous avez besoin d'en maîtriser un.

De savoir ce qu'il fait bien. Où il se trompe.

Et surtout, à quel moment de votre journée il vaut la peine de l'ouvrir.

Et à quel moment il vaut mieux ne pas l'ouvrir du tout.

Ces réflexes-là, aucun modèle ne vous les donnera.

Ils viennent de l'usage, jour après jour.

Ce que je ferais cette semaine

1. Choisissez-en une.

Celle que vous avez déjà. Celle que votre entreprise autorise. Celle dont l'interface vous plaît.

Peu importe. Prenez simplement la version avancée si vous le pouvez.

2. Gardez-la pendant un mois.

Pas de comparaison. Pas de nouvel outil. Une seule.

3. Ouvrez-la à chaque fois que vous hésitez.

Avant un mail délicat. Avant une réunion. Devant un document trop long.

Même si c'est pour décider, finalement, de ne pas l'utiliser.

4. Demandez-lui d'abord ce qu'elle peut faire pour vous.

Voici le prompt que je vous propose pour démarrer :

Je suis [votre métier]. Voici à quoi ressemble ma semaine type :
[décrivez vos tâches principales, en quelques lignes].

1. Propose-moi les 5 tâches de ma semaine où tu pourrais m'aider
   dès maintenant, en m'expliquant comment pour chacune.
2. Dis-moi aussi les 2 tâches où je ferais mieux de ne pas te
   les confier, et pourquoi.
3. Pour la première tâche de ta liste, pose-moi les questions
   dont tu as besoin pour bien m'aider, une à la fois.

Le point 2 est le plus important.

Une IA qui vous dit honnêtement où elle n'est pas utile, c'est le début d'une bonne relation de travail.

Dans un mois, vous ne vous demanderez plus quelle IA choisir.

Vous saurez exactement quand l'utiliser.

Si vous ne retenez qu'une chose

Si vous ne deviez retenir qu'une seule chose de ce mail, ce serait celle-ci.

Vous n'êtes pas en retard.

Je sais que ce n'est pas l'impression que vous avez.

Les réseaux, les infos, les posts à quatre mille likes vous répètent la même chose.

Que l'IA va remplacer tout le monde. Que d'autres sont déjà tellement en avance que vous ne les rattraperez jamais.

Alors regardons les chiffres.

Aux États-Unis, seuls 15 % des employés utilisent l'IA tous les jours au travail. Près d'un sur deux ne l'utilise jamais (Gallup, mai 2026).

En Europe, c'est encore moins. En 2025, seuls 15 % des 16 à 74 ans l'ont utilisée pour leur travail (Eurostat).

Si vous lisez ces lignes, vous êtes en avance : aux États-Unis, 15 employés sur 100 utilisent l'IA tous les jours au travail et près de la moitié jamais ; en Europe, 15 personnes sur 100 l'ont utilisée pour leur travail en 2025

Quinze sur cent.

Donc si vous lisez ces lignes, si vous ouvrez votre IA de temps en temps, si vous vous posez des questions sur la bonne façon de vous en servir…

Vous êtes déjà en avance.

Pas sur tout le monde, évidemment. Mais sur bien plus de gens que vous ne le pensez.

Et pour rester en avance, vous n'avez pas besoin de la meilleure IA du marché.

Vous avez besoin de continuer à apprendre.

De rester curieux. D'essayer des choses. De vous tromper parfois, et de recommencer.

Si vous faites ça, tout ira bien pour vous.

Et n'oubliez pas une chose.

Vous êtes unique.

Votre façon de parler à vos clients, votre regard sur votre métier, ce que vous avez appris avec les années : aucune IA ne l'a.

L'IA ne vous remplacera pas si vous l'utilisez pour mettre en avant ce qu'il y a de plus spécial en vous.

C'est exactement ce qu'on essaie de faire ensemble, chaque semaine, dans ce mail.

On se retrouve la semaine prochaine.

Salim

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